Direction artistique : Ashley Chen

Visuel Kashyl Distances

Trois spectacles de la compagnie Kashyl ont été sélectionnés dans le cadre de la Charte d'aide à la diffusion signée par l'Onda, l'Agence culturelle Grand-Est, l'OARA Nouvelle Aquitaine, l'ODIA Normandie, Occitanie en scène et Spectacle vivant en Bretagne. A ce titre, l'accueil hors de Normandie des spectacles Unisson et Rush bénéficient de janvier 2020 à décembre 2022 du soutien à la diffusion de la Charte et le spectacle Distances (création 2021) bénéficie de l'aide au pré-achat du dispositif de janvier 2021 à juillet 2022 et à la diffusion d'août 2022 à août 2023.

Ashley Chen fonde la compagnie Kashyl en 2012 dans le Calvados en Normandie. Après une carrière d’interprète hétéroclite, il a le désir de monter des pièces chorégraphiques originales et insolites où il peut se permettre une exploration profonde de la création scénique. Son intérêt chorégraphique n’est pas basé sur la composition harmonieuse de mouvements ni sur la narrativité des situations mais plus sur la manière dont le spectateur se retrouve plongé dans diverses atmosphères.
Il tend à expérimenter sur le réel des performances physiques où le danseur poursuit sa tâche avec conscience et détermination, exposant ainsi l’investissement brut et radical de l’interprète. Il pousse le corps du danseur à un engagement physique certain pour arriver à un épuisement, une vulnérabilité auxquels le spectateur pourrait s’identifier.
Il se questionne ainsi sur divers sujets, comme la nécessité du danseur à répéter jusqu’à l’épuisement, la ténacité des interprètes dans leurs tâches dans Habits / Habits (2013), le besoin de l’homme à vouloir surpasser l’autre et l’absurdité de cette compétition dans Whack!! (2015), la manière d’influencer la vision du spectateur en changeant les vecteurs scéniques et en jouant sur le hasard dans Chance, Space & Time (2016). A partir de 2018, Ashley Chen lance le chantier d’un triptyque chorégraphique. Unisson, Rush, Distances : trois pièces qui creusent la matière du groupe, expérimentent la multiplicité de ses états – du plus petit au plus grand.
Dans Unisson (2018), la dimension sociale positive contenue dans les danses populaires à partir du travail sur l’énergie et le sens du « groupe », d’un collectif de danseurs est questionnée. Rush (2019), duo avec Julien Monty, est fondé sur le concept de la course pour en dévoiler les états psychiques et physiques qui en découlent, l’urgence et le besoin d’avancer à tout prix. Dans Distances (2021), un groupe de dix interprètes féminines jauge les contours de l’espace vital de chacune.

La compagnie Kashyl a présenté ses pièces à Paris (studio Le Regard du Cygne, l’Etoile du Nord), à New-York (LaMama Experimental Theatre Club, Festival Danse: a French-American festival of Performances and Ideas), au Havre (Le Phare / CCN du Havre, Festival Pharenheit), en Irlande (Dublin, Cork, Carrick on Shannon, Limerick et Galway), à Tours (CCN de Tours, Soirées Spots), à Nantes (CCN de Nantes, Festival Trajectoires), à Lyon (Maison de la danse), à Marseille (KLAP), à Reims (Le Manège, Scène Nationale).

En novembre 2016, Kashyl a organisé la soirée Restricted Area au studio Le Regard du Cygne et a invité plusieurs artistes européens à montrer des extraits de leurs pièces pour ouvrir le public à différentes esthétiques chorégraphiques.

En 2017-2018, Ashley Chen est artiste associé au Réseau Tremplin et en 2019 et 2020, au Réseau Labaye. 

ASHLEY CHEN

Chorégraphe - danseur

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Après des études au Conservatoire National Supérieur de Musique et Danse de Paris de 1994 à 1999, Ashley Chen lance sa carrière d'interprète en intégrant la prestigieuse Merce Cunningham Dance Company en 2000. Pendant quatre ans, il participe à cinq créations, et danse une dizaine de pièces du répertoire – expérience qui marque sa conception du mouvement et de la création chorégraphique. A son retour en France, il rejoint le Ballet de l’Opéra de Lyon, où il interprète des pièces de Christian Rizzo, Angelin Preljocaj, William Forsythe, Russel Maliphant, Mathilde Monnier et Trisha Brown. En 2006, il quitte le Ballet pour s'engager dans une démarche d'interprète indépendant, marquée par de nombreuses collaborations. Au gré de ses pérégrinations en Europe, il travaille avec John Scott et Liz Roche à Dublin, Michael Clark à Londres, Jean-Luc Ducourt et Michèle Ann de Mey à Bruxelles, Philippe Decouflé, Boris Charmatz, Mié Coquempot ou encore Fabrice Dugied en France.

En 2002, Ashley Chen entame un travail de création personnelle avec la pièce We’re all grown up now!, créée à New-York. Un an après, il monte avec Marisela Lagrave la vidéo-danse I’m not a Gurrel!!, puis en 2008 il crée avec le collectif Loge 22 la pièce I meant to move, qui pose les bases de son style – fondé sur l'expérimentation des limites physiques. A partir de 2012, c'est au sein de la compagnie Kashyl qu'il poursuit ses recherches, explorant une matière physique brute et radicale, soumise à l'épuisement. Cherchant à soumettre le spectateur à une profusion de stimuli contradictoires – tant visuels que sonores – il crée le solo Habits/Habits en 2013 ; en 2015, c'est le régime de la confrontation entre deux corps qu'il expose dans Whack !!, en collaboration avec Philip Connaughton, tandis que Chance, Space & Time (2016) lui permet de revenir sur l'héritage de Merce Cunningham. A partir de 2018, il lance le chantier d'un triptyque chorégraphique fondé sur le rapport à l'autre et au groupe – reflétant l'état de la société et la montée des populismes. Avec les pièces Unisson (2018), Rush (2019) et la création Distances (2021) Ashley Chen réaffirme l'attention portée aux fluctuations et à la force d'invention du collectif, dessinant des paysages physiques jouant sur la tension et l'engagement.

Texte Gilles Amalvi, écrivain et critique de danse

 

Kashyl reçoit le soutien de la Drac Normandie, la Région Normandie, le Conseil Départemental du Calvados et de la Ville de Caen.

Logos Charte aide à la diffusion - préachat- Kashyl

 

Crédits photos : Sabine Meier, Agnès Mellon, Jérôme Brody, Ory Meuel Minie Mejias, Jean Gros-Abadie, Lucas Truffarelli, Rosalind Steven